Esperanto

concerto pour voix parlée, soprano, chœur mixte et orchestre opus 34

Mouvements
  • Invocation à Dieu
  • Invocation à l’Enfant
  • Invocation à l’Homme
Compositeur: Julien-François Zbinden
Date de composition: 1961
Durée: 30'
Instrumentation: 2.2.2.2. – 2.2.0.0. – T. – 2 Perc. – Bongos (+ Perc.) – H. – 2 Pianos – Sop. – Chœur mixte – Cordes
Commande: Radio-Lausanne

Edition: BIM, Vuarmarens

Note

Julien-François Zbinden, également auteur du texte, s'est exprimé avec précision à son sujet. La voix parlée, à l’égal de la voix chantée, est l’instrument le plus immédiatement expressif que l’homme ait à sa disposition. Dès lors, la tentative que représente ce concerto divisé en trois parties - trois invocations : à Dieu, à l’ Enfant, à l’Homme - s’avérait intéressante pour autant qu’il fût accordé à la voix soliste une liberté quasi totale dans la déclamation, étant acquis que si l’on chante naturellement selon une métrique sous-jacente, la liberté de parole ne s’accommode guère de la barre de mesure.

En revanche, le rythme interne du texte s’est voulu aussi saisissant que possible, accordant souvent au mot, voire à l’expression volontairement aphoristique, une toute-puissance. C’est ainsi que l’on pourrait presque dire que le texte de cette œuvre est un "jeu de mots" porteur du sens, tandis que la musique se voit confier la préparation et le prolongement des climats.

En forme de poème libre, le texte d’Esperanto repose sur un fond musical à peine interrompu, dont le caractère épisodique est conditionné par la nature particulière de ce texte. Les éléments texte et musique s’imbriquent parfaitement à la manière d‘un puzzle. Afin d’en assurer la plus étroite coïncidence, il a été tenu compte, dans l’élaboration de la matière musicale, comme dans son orchestration, des nuances exactes dans lesquelles le texte doit être interprété. Et c’est précisément cette interpénétration aussi complète que possible qu’a recherchée l’auteur, étant persuadé que l’élément musical peut, en l’occurrence, conférer à l’élément parlé un pouvoir de conviction d’une puissance inattendue.

Esperanto est une commande de Radio-Lausanne qui obbtint le Prix de la Radiodiffusion Suisse, Lausanne 1961 et le Grand Prix de la Communauté Radiophoniques des Programmes de Langue Française, Montréal 1963. La création a eu lieu lors de sa diffusion à Radio-Lausanne le 17 décembre 1961 avec les interprètes suivants : Daniel Fillion, voix parlée, Géraldine Reymond, soprano, le Chœur de Radio-Lausanne (préparé par André Charlet) et l'Orchestre de Chambre de Lausanne, dirigé par Victor Desarzens.


Référence

Nadia Boulanger
directrice du Conservatoire Américain, Fontainebleau

Cher Ami,

Votre grand succès me cause une vraie joie – je vous félicite et suis heureuse pour ceux qui vont honorer un artiste si sincère et si vrai. Désolée de vous le dire si mal – mais du moins avec une bien fidèle sympathie.

Grand Prix de la Communauté radiophonique des Programmes de Langue Française. Lettre personnelle, Fontainebleau 1963

Cher Ami

Vous êtes attendu, espéré, le 29 (octobre) à 8 heures, en toute simplicité (Veston de travail!) J’espère d’ici là avoir lu votre symphonie qui, en la feuilletant, a fortement retenu ma pensée.

Lettre personnelle, Fontainebleau, 1959

Alfred Cortot
pianiste

Esperanto – beau titre et noble signification, et qui fait honneur à l’inspiration du musicien, autant qu’à l’élévation de son intention créatrice ! Merci et bravo !

Lettre personnelle, Lausanne 1961

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